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/ 15.06.2023

Et S.I. le mieux était l’ennemi du rien ?

Sous ce titre semble hermétique. Je n’évoque pas la quadrature du cercle que représente souvent le bouclage d’un budget pour des structures et fédérations sportives.

En effet, le terrain de mes petites réflexions est celui de l’économie numérique autour du sport. Et force est de constater que celui-ci a bien du mal à se trouver un horizon dégagé et un modèle économique fiable. Nous avons vu ces dernières années, la chute de quelques start-ups. Elles avaient pourtant été annoncées avec tambours, trompettes et bénéficiaient de soutiens institutionnels.

Ainsi, l’arrêt récent d’un gros « faiseur » de prestations informatiques pour le compte de fédérations est encore une illustration de ce manque de bonnes perspectives.

Néanmoins, le déclin de cet opérateur sur cette niche était lisible et rendait prévisible son retrait à la hussarde. Une entreprise à l’envergure boursière a pour alpha et oméga, la rentabilité économique.

Le  CAC 40 ne fait pas de cadeaux !

Le mouvement sportif est souvent déconnecté de ces aspects économiques.

Pourtant, il y a eu auparavant d’autres échecs instructifs. Ils étaient notamment liés à la complexité des systèmes d’information fédéraux, mais aussi au manque d’expérience des nouveaux arrivants.

Ainsi, une belle fédération olympique, après un appel d’offres sérieux, a choisi une grosse SSII partenaire du COJO 2024.

La promesse pour pallier le manque d’expérience métier du récipiendaire du marché consistait à mettre en avant une puissance de feu capable de mobiliser des dizaines de profils.

Résultat : au bout de deux années stériles en termes d’avancées, le contrat fut rompu. La fédération, penaude, dut demander à son prestataire actuel de bien vouloir la reprendre (Il ne s’agit pas d’Exalto). Elle se demanda sans doute si l’armada de développeurs promise n’avait pas été affectée à d’autres projets plus stratégiques financièrement, alimentés par les entreprises du CAC 40 (toujours).

Une autre fédération délégataire, également après deux ans de « pas grand-chose » et deux autres années de procédures, a dû finalement transiger avec le lauréat de sa consultation afin de repartir sur un nouveau projet SI structurant.

Aujourd’hui, une fédération, bien qu’ayant décidée de reprendre les développements et la gestion de son SI en interne, nous sollicite afin de prolonger son contrat. En effet, malgré la connaissance de ses besoins, elle accumule les retards dans le déploiement de sa nouvelle solution propriétaire.

Nous passerons également sur le crash alsacien d’OVH, qui entraina pour deux fédérations la perte intégrale des données de toute une année. Une légèreté difficilement compréhensible de la part d’un prestataire sur un aspect si stratégique.

En effet, il faut bien se rendre compte que les SI fédéraux et leurs hébergements sont complexes. Ils possèdent de grandes spécificités, notamment au regard de l’aspect sportif. Un portail de gestion des licences ne représentant que 30 à 50 % d’un SI complet et interopérable.

Aujourd’hui, les temps économiques incertains rendent les levées de fonds plus exceptionnelles. D’autre part, le remboursement des PGE va conduire des sociétés dans le dur et il ne serait pas étonnant que de nouveaux et dramatiques « défauts de soudure » se produisent en 2023.

Par ailleurs, d’autres nouvelles SSII se rendront compte que « l’opportun » marché est très loin d’être la poule aux d’or. Elles en viendront sans doute à la conclusion qu’il est préférable de se concentrer sur un marché connu et finançable.

Alors que faire ? Bouger pour gesticuler ? Ou prendre un peu de recul, se donner le temps d’analyser et de prendre conscience qu’un élément stratégique tel que le cœur fonctionnel d’une fédération doit être traité par une décision, elle-même, stratégique ?

Pour cela quelques conseils de bon père de famille :

– Chercher un partenaire ayant de l’expérience dans son activité en étudiant le marché des prestataires.

– Ne pas se fier aux communiqués de presse laudateurs concernant des levées de fond et le ripolinage de leur image à des fins marketing.

– Analyser les bilans pour éviter un autre Be-Mort ! Certaines sociétés perdent plusieurs millions d’euros par an sans inversion de courbe.

– Evaluer si le logiciel est stratégique dans le fonds de commerce du prestataire afin d’éviter un retrait sans préavis.

– Et les conseilleurs ne sont pas les payeurs… Surtout lorsque par le passé, ils se sont déjà trompés en beauté.

Ainsi, nous vous invitons à prendre de grandes précautions avec les « Yaka-Foquon ». Prenez garde à ces experts auto-proclamés en transformation numérique ou en méthode agile, venus de pousse-citrouillie ou du théâtre subventionné.

Ces cow-boys posant sur le capot de Ford Mustang en jouant avec vos sioux ou ceux de l’agence car ils sont davantage les promoteurs de leurs petites personnes que de solutions sages et éprouvées.

Les thuriféraires de la prise de risque clients et du futur accident industriel oublient que le mieux est l’ennemi du rien ! Eux demain, ils seront ailleurs car agiles et mobiles !

Ils ne devront pas reprendre leur bâton de pèlerin afin de prospecter devant les difficultés économiques et/ou techniques de leur nouveau prestataire après les avoir fait jouer à la roulette russe.

Ce tableau semble alarmiste, mais il ne l’est pas. L’économie, tout comme la nature, fait sa sélection naturelle.

Ainsi des sociétés tirent leur épingle du jeu avec la mise en application de vieilles recettes raisonnables. Tout bêtement, elles développent des services possédant une réelle utilité pratique avec un modèle économique validé. En outre, elles se donnent également les moyens d’investir dans le mouvement sportif sur un temps long.

Souvent par amour de celui-ci !

Je pense à njuko.comAssoConnectHelloAssoGroupe STADLINE by XPLORSponso+ et évidemment E-Licence via Exalto

Quatre de ses sociétés pré-citées sont du sud-ouest, rappelant aux amateurs d’Ovalie, qu’il faut parfois remettre l’église au centre du village avant que la cabane ne tombe sur le chien !

Jean-Carl Fossati

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Boule de cristal
Catégorie(s) : Actualités

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